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Le Roi Edward, Partie II est un livre trouvable dans :

Il appartient à une série de douze volumes.

Contenu du livre Modifier

Edward s'éveilla sous un ciel rougeoyant. Le soleil pointait à peine au dessus des montagnes à l'ouest. Ils approchaient d'une tour scintillante, chacune de ses facettes étincelant de mille feux. Le dragon vira pour s'en approcher et lança une longue nuée de flammes. Une lumière clignota plusieurs fois au sommet de la tour comme ils descendaient soudainement. L'estomac d'Edward lui renvoyait une sensation bizarre. Il soupirait et tremblait et sentit Moraelyn bouger de façon à ce que son bras droit tienne Edward. Il s'étira et bailla.


"Ce n'est plus très loin, maintenant. Il y a plusieurs jours de chevauchée entre la Tour de Cristal et Primeterre mais je gage qu'Akatosh nous amènera là-bas dans l'heure." 

"On ne s'arrête pas à la Tour ? I'ric ..." 

"N'utilise pas ce nom aussi légèrement, pas même avec moi. L'Archimage ne reviendra pas avant des jours encore. Les Licornes sont sœurs du vent et voyagent aussi vite que lui, même chargées, mais pas aussi vite que les dragons ne volent. Tu contemples l'aube sur la terre natale des Elfes depuis le dos d'un dragon. Estime toi heureux parmi les hommes." 

Edward parcourait du regard les bois d'un vert profond et les collines accidentées. Il n'y avait aucune trace d'habitation. "C'est charmant", dit-il poliment, "mais pas aussi beau que Hauteroche", ajouta-t-il avec loyauté et sincérité. "N'y a-t-il pas de villages ou de fermes ?" 

"Les Premiers-Nés vivent nichés au beau milieu des arbres. Et ils ne déchirent pas la terre ni ne replantent, mais ils prennent avec joie ce qu'offre Auriel, et le lui rendent. Ahhh, la verte odeur des choses qui poussent." 

Effectivement, l'air était aussi grisant que le vin qu'Edward sirotait à la coupe de son père, autrefois ... "J'ai faim." 

"Je m'en doute." Après une légère agitation, Moraelyn fit apparaître dans sa main gauche un petit paquet enveloppé de feuilles. La main sombre était large et forte, et ne semblait ni humaine ni animale. Edward la fixa avec révulsion, puis prit le paquet avec précaution afin de ne pas toucher la main. Il sentit Moraelyn se raidir et la main qui tenait Edward relâcha un peu son emprise. Edward avait honte de sa réaction. Il n'était ni aimable, ni sage de l'offenser en ces circonstances. Moraelyn pourrait facilement le jeter par-dessus bord. "J'ai besoin d'un bain, mais il en va de même pour toi", dit-il avec raideur. Moraelyn interprétait délibérément mal sa réaction, Edward le savait. "Oui, je suis très sale." Edward mordit dans le gâteau qui s'avéra bien meilleur qu'il n'en avait l'air. "Dame ma mère a l'habitude de me voir comme ça, du moins, elle en avait l'habitude. Mais peut-être devrais-je me baigner d'abord ?" 

"Je pense que tu ne te verras pas offrir ce choix. Ah, enfin !" Le dragon étendit ses ailes, envoya une énorme boule de feu s'élever vers le ciel, et s'arrêta sur le sol d'une grande clairière. L'atterrissage fut brusque et mouvementé. Des Elfes apparurent presque aussitôt et des bras s'élevèrent pour les prendre lui et Shag, qui se réveilla enfin, se mit à courir frénétiquement autour d'eux, puis s'assit, haletant, aux pieds d'Edward. 

Un grand Elfe aux cheveux étincelants comme du cuivre les accueillit solennellement. "Salutations, seigneur mon Roi. Madame votre femme vous attend. Prince Edward, je vous souhaite la bienvenue sur la terre des Premiers-Nés au nom de tout son peuple. Puisse votre séjour ici s'avérer agréable et fructueux." 

Moraelyn hocha la tête avec déférence. "Merci, mon hôte. Ma Reine a attendu assez longtemps ; nous allons à elle à présent." La main de Moraelyn sur son épaule guida Edward devant l'arbre le plus grand qu'il ait jamais vu. Le tronc était creux ; des marches montaient à l'intérieur ; des ouvertures donnaient sur d'autres escaliers et sur des ponts longeant et côtoyant les imposantes branches. Ils avancèrent le long de ceux-ci jusqu'à atteindre une large plate-forme couverte, meublée de chaises et de coffres comme s'il s'agissait d'une pièce. Une femme à la peau dorée leur sourit et leur fit signe d'entrer, puis disparut. Une femme humaine, grande et mince, à la peau pâle et aux cheveux noirs, s'avança vers eux, les yeux posés sur Edward. Seulement sur Edward. 

"Pourquoi nous as-tu quittés !?" Le cri venait du fond du cœur, résonnant à travers lui. Cela la stoppa à quelques pas de lui. À présent ses yeux se tournaient vers Moraelyn, qui dit, d'un ton plus dur qu'Edward n'avait encore entendu de lui : "Adresse-toi à ta mère avec respect, petit !" Un coup discret lui embua les yeux. 

Aliera se dirigea rapidement vers Moraelyn et plaça ses mains sur son torse. "Salutation, mon époux. Loué soit Notorgo de vous avoir amenés sains et saufs, toi et mon fils." 

"Remerciez aussi le Seigneur des Dragons et le Bandit, qui n'aurait pu conduire le garçon plus soigneusement avec. L'Archimage a eu quelque chose à voir avec ça également." Moraelyn éleva ses mains sombres pour tenir légèrement et tendrement ses bras nus. Il rit, paraissant relâché et heureux. Mais les mains contre sa poitrine formaient une barrière autant qu'une caresse. 

"Je suis bénie, assurément. Mais il y a longtemps que mon fils et moi n'avons pas parlé. Nous trouverions peut-être plus facilement les mots si nous les cherchions seuls ensemble." 

Le sourire de Moraelyn s'évanouit aussitôt. "Les mots sont-ils donc des choses que deux trouvent plus facilement que trois ? Eh bien. Peut-être. Parfois. Femme." Il tourna les talons et s'en alla. Le pont se balança et craqua, mais ses pieds ne produisirent aucun son. 

Aliera le suivit du regard, mais il ne regarda pas en arrière. Edward ressentit de nouveau le curieux mélange de satisfaction et de regret qui accompagnait la peine donnée à son ennemi. "Edward, mon fils, viens et assieds toi près de moi." 

Edward resta où il était. "Madame ma mère, j'ai attendu bien des années et voyagé bien des lieues pour avoir une réponse. Je n'attendrai pas plus longtemps, ni ne ferai un pas de plus." 

"Que t'a-t-on raconté ?" 

"Que vous aviez été kidnappée avec la plus grande traîtrise, de nuit, avec l'aide de magie, pendant que mon père dormait, confiant en l'honneur de son invité." 

"Ton père t'a raconté cela. Et Moraelyn ?" 

"Il a dit que vous étiez venue de votre plein gré. J'aimerais entendre ce que vous en dites." 

"Te plairait-il d'apprendre pourquoi j'ai quitté ton père ou pourquoi je ne t'ai pas pris avec moi, ayant décidé de partir ?" 

Edward hésita, pensif. "Madame, je veux entendre la vérité, par conséquent je dois dire la vérité. Je veux savoir pourquoi vous m'avez abandonné. Le reste, je pense le savoir, autant que j'en puisse ou désirerais savoir, à moins que vous ne souhaitiez m'en dire plus ou autre chose." 

"La vérité ? La vérité n'est pas une chose unique existant séparément de ceux qui l’appréhendent. Mais je vais te raconter ma vérité, et peut-être alors arriveras-tu à la tienne." 

Aliera se retourna vers un fauteuil pourvu de coussins moelleux, et s'y étendit. A proximité, un petit oiseau couleur rubis s'installa sur une branche et siffla un accompagnement pour sa douce voix. 

"Mes parents ont arrangé mon mariage selon la coutume de notre patrie. Je n'aimais pas Corcyr, mais au début je le respectais et j'essayais d'être une bonne femme. Il ne s'occupait pas de moi, pas plus qu'il ne me prêtait attention. Ainsi il perdit mon respect et je mourais un peu chaque jour, flétrissant comme une plante non entretenue. Je n'étais heureuse qu'avec toi, mais Corcyr pensait que je te rendais trop tendre. "Efféminé", disait-il, et ainsi, après ton troisième anniversaire je ne fus autorisée à passer qu'une heure avec toi chaque jour. J'écoutais tes cris et restais assise en pleurant, n'ayant le cœur à rien. Finalement, tu cessas de crier et de me réclamer, et mon cœur fut laissé vide. Je pris l'habitude de marcher et d'aller à cheval la plupart du temps, sans personne à part un garde ou deux. Alors Moraelyn est arrivé. Il voulait extraire de l'ébonite dans les Montagnes de Wrothgarian. Les terres qu'il voulait exploiter faisaient partie de ma dot. Il désirait enseigner à notre peuple l'art de son utilisation et même lui fournir des armes forgées par les Elfes Noirs. En retour notre peuple devait l'aider à maintenir les gobelins à distance et l'autoriser à fonder une colonie pour les siens en Hauteroche. Corcyr n'avait aucun usage de ces terres, et il désirait évidemment les armes avec ardeur -- il n'en existe pas de meilleures -- donc il accepta la proposition. Nombre de détails devaient être discutés et arrangés, et ce fut à moi qu'il échut de conduire ces négociations. Corcyr méprise les Elfes Noirs et il était jaloux de Moraelyn, qui était déjà réputé comme le meilleur guerrier de tout Tamriel. 

"Mais Moraelyn est bien plus qu'un guerrier habile ; il est cultivé s'intéresse à toute chose sous le soleil. Il chantait et jouait comme s'il avait eu pour maîtres Jeh Free et Jhim Sei ensemble. Il était un compagnon tel que j'en avais seulement rêvé ... et sans plus, je le jure. Nous aimons tous deux être à l'extérieur, ainsi nos discussions prenaient-elles place pendant que nous chevauchions ou marchions, mais toujours accompagnés par ses hommes et ceux de Corcyr. Quant tout fut arrangé, Corcyr donna une grande fête pour célébrer le traité. Toute la noblesse de Hauteroche se déplaça, et beaucoup vinrent des autres provinces. À la fin Corcyr était plongé dans ses coupes et laissa échapper une insulte qui ne pouvait être lavée que par le sang. Je m'étais depuis longtemps retirée avec les autres dames donc j'ignore ce que c'était, mais j'en avais assez entendu en privé pour savoir que Corcyr en possédait un répertoire assez vaste pour avoir le choix. Moraelyn lança le défi, et donna à Corcyr jusqu'à midi, afin qu'il puisse recouvrer autant d'esprit qu'il en avait. 

"Alors Moraelyn vint me trouver, seule dans ma chambre, et me raconta ce qui était advenu. 'Madame, je pense qu'il choisira votre frère pour champion ; dans tous les cas il y aura une rivière de sang entre nous, qui ne pourra peut-être pas être franchie dans cette vie ni aucune autre. Je peux vivre sans votre amour, mais je ne supporterai pas votre inimitié. Venez avec moi, maintenant, comme femme ou invitée d'honneur, comme il vous plaira. Et vous servirez de prix du sang à la place de vos amis ou parents.' 

"Et là, au clair de lune, terrorisée, mes dames dormant autour de moi, je savais que je l'aimais. Je doutais pouvoir vivre sans lui. Et pourtant, je t'aimais plus encore ! 'Mon fils,' murmurai-je. 'Je ne peux pas. Madame, vous devez choisir. Je suis désolé.' Tu comprends, n'est-ce-pas, Edward ? Si je restais, cela signifiait le sacrifice du sang jeune et innocent de mon frère. Ou de ton père ! Ou peut-être celui de l'homme que j'aimais, bien que je tienne ceci pour très improbable. Les talents de combattant de Moraelyn étaient extraordinaires, et dans une affaire de ce genre il aurait également eu le droit de faire appel à une aide magique. 'Nous pourrions le prendre avec nous.' Mais Moraelyn hocha tristement la tête. 'Cela, je ne le ferai pas. Il irait à l'encontre de mon honneur de séparer le père et le fils.' " 

"Laissant l'amour à part, je suis formée au devoir," dit fièrement Aliera. "Devais-je t'arracher à ton père ou à ton tendre oncle ? Et je pensais probable que Corcyr, s'il devait survivre, me tiendrait pour responsable de l'affaire et s'en servirait de prétexte pour me rejeter. Je pensais que Corcyr serait très satisfait de mon départ. Je savais qu'il voulait vraiment les armes. Je pensais que je pourrais les échanger contre toi après quelques temps. Tout ceci me traversa l'esprit pendant que Moraelyn attendait, assis, sans me regarder. 

"'Dame Mara, aide-moi à choisir avec sagesse', priai-je. 'Vous me voulez vraiment pour femme ? Je ne pourrais vous apporter que des problèmes.'" 

"'Aliera, je vous veux pour femme. Et je ne veux personne d'autre.' Il ôta sa cape et en enveloppa mon corps, en écartant les couvertures." 

" 'Moraelyn attendez, est-ce bien de faire cela ?' " 

" 'Madame, si je pensais que c'était mal, je ne me tiendrais pas ici ! De tous les choix qui s'offrent à vous, celui-ci me semble le meilleur.' Il me prit dans ses bras et me porta jusqu'à son cheval. Ainsi quittai-je la demeure de ton père, seulement vêtue de sa cape et chevauchant devant lui. Et une joie folle se mêlait à mon chagrin, à tel point que je savais à peine comment je me sentais. Voilà ma vérité." 

Edward dit calmement : "Mais il m'a finalement séparé de mon père." 

"Avec grande réticence. Et uniquement parce que le dragon dit que ton père et toi vous êtes déjà séparés en esprit. C'est seulement une question de distance accrue. Ce qui te met plus à l'abri. Moraelyn a insisté pour que tu donnes ton plein accord pour venir. Tu peux repartir quand tu veux." 

"Moraelyn m'aurait juste emporté ! C'est I'r ... je veux dire, l'Archimage, qui a insisté pour que j'accepte." 

"Ce n'est pas un homme patient par nature. Et il tient à ne faire aucun mal à Corcyr. Il a sans doute pensé que la discussion pourrait aussi bien continuer autre part." 

"Il l'a appelé "Roi à la Petite Bite". Et il a ri. Pourquoi ? Les bites d'amarrage du royaume de Daguefilante sont-elles plus petites que celles des navires de Coeurébène ? Et quelle importance, de toute façon ? Mon père était vraiment furieux ; je pense qu'il aurait aimé se battre. Mais il est vrai qu'il me déteste. Je le savais, mais ne voulais pas l'admettre, donc j'ai prétendu le contraire. Je ne pense pas que ce soit le cas de Moraelyn." 

"Non." 

"Il a menti, pourtant. Il a envisagé de me dire qu'il était mon père. Je pouvais le deviner." 

Aliera rejeta la tête en arrière et rit de son beau rire en cascade ; il lui revint parmi ses vieux souvenirs, et il sentit des frissons le long de son dos. "Il devait assurément avoir grande envie de le dire s'il t'a laissé le voir ; il est plus prompt que cela d'habitude. Et il ne ment jamais sous serment, ou pour blesser ceux qu'il aime." 

"Il ne m'aime pas ; il ne m'apprécie même pas." 

"Mais moi oui, mon cher fils. Tu ..." Edward pensa qu'elle allait dire qu'il avait grandi ; les adultes remarquaient toujours sa croissance, même s'il les avait vus à peine une semaine auparavant. Très curieux, étant donné qu'il était très petit pour son âge. Au lieu de ça, elle dit : "Tu es exactement comme je l'imaginais," avec une profonde satisfaction maternelle. 

"Et il vous aime. Mais il a dit qu'il n'était le garçon de courses de personne. Pourtant vous l'avez congédié comme s'il l'était." 

Le visage et le cou d'Aliera s'empourprèrent. 

"Non, bien qu'apparemment je sois réduit au rôle de domestique." Moraelyn était entré silencieusement, portant un immense plateau chargé de nourriture. " Apporte-moi un tabouret, petit, tu peux jouer les pages si je peux jouer les serveurs. Tu dois être affamé, et j'ai pensé que je ferais mieux de revenir avant que ma femme ne soit au courant du reste de mes fautes. Elle pourrait passer une bonne partie de la journée à les répertorier." Il avait retiré sa cotte de mailles, s'était baigné, s'était vêtu d'un gilet noir propre et portait une large ceinture en tissu resserrée autour de sa taille mince. Mais l'épée noire pendait toujours à son côté. 

"Mara est avec nous, vous avez assez de nourriture pour une petite armée. Et j'ai rompu mon jeûne." Aliera tendit sa petite main vers le bras de l'elfe, la fit glisser dans une caresse le long de celui-ci, puis saisit sa main et la serra, la levant contre sa joue toujours brûlante, la frôlant de ses lèvres. Edward détourna rapidement le regard, gêné à la vue de la peau sombre sur sa blancheur. 

"C'est pour moi, et un peu pour le garçon. Mais joignez-vous à nous je vous prie, ma chère. Vous avez maigri. À vous languir de moi, sans doute." Il enroula une mèche des cheveux noirs et bouclés d'Aliera autour de son doigt, et la tira en souriant, puis se jeta sur le repas tel un loup affamé, l'attaquant au moyen de petites armes en argent, au lieu de manger avec ses doigts comme le faisaient les humains. La nourriture était merveilleuse. Edward mangea jusqu'à n'en plus pouvoir. 

"Écoute au portes", murmura-t-il d'un air pensif. Il avait retourné dans sa tête une liste des fautes de Moraelyn pendant qu'il mangeait, et réalisa trop tard qu'il avait parlé à voix haute. 

"Par Zénithar, mon garçon, si vous autres humains veniez crier vos conversations privées partout dans les arbres, crois-tu que je me boucherais les oreilles avec de la laine ?" Il désigna l'une de ses grandes oreilles pointues. Edward essayait précipitamment de se rappeler ce qu'ils avaient dit. Ce qu'il avait dit. Menteur. Oh ciel. Peut-être n'avait-il pas entendu. 

"Alors comme ça je suis un menteur, pas vrai mon garçon ?" Vir Gil lui vienne en aide, Edward avait l'impression de se noyer. L'Elfe pouvait-il lire les pensées ? Il espérait que ce n'était pas l'insulte que son père avait utilisée ! "Je ... je voulais dire que je pensais que vous l'envisagiez. Vous avez hésité.", dit Edward, la gorge serrée. Il ne faisait qu'empirer les choses. 

"Peut-être, j'essayais de me rappeler." Le ton sardonique était de retour. 

"Vous ne m'appréciez même pas !" éclata Edward. 

"Ça n'a pas l'air d'avoir empêché ton véritable père de te revendiquer." 

"Moraelyn ! Non !" l'interrompit Aliera, mais l'Elfe tendit la main pour la faire taire. 

"Je n'en suis pas si sûr", lança Edward. 

"Pourquoi dis-tu ça ?" 

"Je ne sais pas ... Roane dit ... des choses ... et je ne suis pas du tout comme lui. Tout le monde fait des remarques là-dessus. Puis cesse de parler." 

"Quelles choses ? Parle, mon garçon !" 

"A propos de Mère. À quel point elle aimait son frère quand ils étaient jeunes. À quel point il était triste et furieux quand elle fut enlevée. Plus comme un amant, a-t-elle dit, que comme un frère. Elle dit ça avec beaucoup de tendresse, mais comme si elle voulait dire quelque chose de cette façon. Quelque chose de trop sale à dire. D'autres fois, elle parle sur mon air elfique. Et sur la rapidité de mon arrivée après le mariage. Pas aussi vite que son premier fils, cependant." 

Moraelyn bondit sur ses pieds. "Par le Vengeur, je vais repartir et tordre le cou de cette mégère ! Cette ..." Il ravala l'insulte, mais ses yeux rouges brûlaient de rage ; ses muscles avaient gonflé et ses cheveux se dressaient sur sa tête. "Tu n'as pas l'air à moitié elfique. Je n'ai jamais rencontré ta mère avant quatre ans après ta conception. Roane, semble-t-il, ne peut décider quel mensonge elle souhaite utiliser. Mais un inceste ! Puisse Kel l'abattre si je ne le fais." Le grand elfe arpentait furieusement la pièce, aussi leste qu'un Khajiit, sa main caressant la poignée de son épée. La plate-forme oscillait et penchait. 

"Elle a de l'ambition pour ses fils, à l'exception d'Edward. Le tout est de savoir combien vont la croire. Pas assez si elle projetait de le voir tué à la place." Le front lisse d'Aliera se plissa un peu. 

"Je ne l'ai jamais dépréciée, vous savez. Elle non plus à mon égard. Elle voulait ma place, et j'étais plutôt contente de la laisser l'avoir mis à part pour Edward." 

"Vous voulez que je sois roi pour que je vous laisse avoir les mines d'ébonite." Edward venait de résoudre l'énigme. 

"Oh, que le diable emporte l'ébonite, ce qu'il fera probablement. J'ai de meilleures chances d'obtenir la coopération des fils de Roane une fois ton père mort. Ils devraient avoir des motifs de gratitude et le marché est avantageux. Bien que les chances qu'ils puissent garder un langage poli assez longtemps pour signer un contrat semblent faibles, étant donné leur parenté." 

"Alors pourquoi ? Vous ne m'appréciez même pas." 

"Mara, viens à mon secours ! 'Apprécier' une personne est un concept humain. Un jour ils vous apprécient, le lendemain ils ne le font plus. Le Tirdas ils vous apprécient de nouveau. Ma propre femme me le fait, mais prétend m'aimer quand elle ne m'apprécie pas. À part bien sûr les jours où elle ne fait ni l'un ni l'autre, et parle de rejoindre l'Ordre de Riana. Heureusement ça arrive seulement une fois par an, environ. Je vais chasser jusqu'à ce qu'elle reprenne ses esprits." 

"Vous exagérez ; ça ne s'est passé qu'une fois, et vous le savez bien." 

"Je me souviens avoir apprécié la période de ressaisissement. Peut-être que ça devrait arriver plus souvent." Ils échangèrent un sourire. 

"Mais pourquoi voulez-vous que je sois roi ?" persista Edward. 

"Je te l'ai dit ; c'est l'idée d'Akatosh. Et de l'Archimage. Je les ai juste accompagnés pour le trajet. Demande-leur." 

"Je demanderai à l'Archimage quand je le verrai." 

"Excellent plan. Tu passeras quelques semaines à la Tour avant de prendre la direction du nord avec nous." 

"C'est tout ?" 

"La perspective de passer l'hiver avec ta mère et moi te déplaît-elle tant que ça ?" 

"Non ... non, messire. Mais j'avais accepté de partir avec I'ric." Pas avec vous. Les mots tus flottaient entre eux. 

"Tu finiras par le faire. Quelques semaines là-bas vont à présent te préparer pour débuter ton entraînement à la magie ; je peux t'enseigner des sorts. Mais tu as besoin de t'endurcir ; ton corps doit parvenir au niveau de ton esprit. C'est la volonté de l'Archimage." 

"De la magie de combat ? Je veux apprendre autre chose. Appeler des bêtes. Soigner. Et flott ..." 

"Tu apprendras ça, je n'en doute pas. Et penses-tu qu'un combattant ne peut pas soigner ? C'est le premier sort que tu apprendras. Mais un Roi doit savoir se battre." 

"Je ne suis pas bon pour ça." 

"Par les Dents du Dragon, mon garçon ! C'est précisément pourquoi tu dois apprendre !" 

"Et si je ne peux pas ?" 

"Tu as du courage, les idées claires et le potentiel pour apprendre la magie ; c'est plus que ce qu'ont la plupart des gens. Je peux t'apprendre le reste." 

La tête d'Edward tournait à ces inhabituelles éloges. "C'est vrai ? Et vous le pouvez ?" 

"Penses-tu qu'un quelconque idiot de la cour de ton père se tiendrait désarmé devant un dragon, une licorne, l'Archimage, et le Champion de Tamriel, et leur demanderait justice ? Justice ! Confronté à pareille situation, il aurait sûrement tenté d'implorer notre pitié, en admettant qu'il puisse ne serait-ce que parler, ce dont je doute." 

"J'ai fait ça ? Je l'ai fait, n'est-ce-pas ?" Edward était étonné ; il voulut ajouter qu'il ne s'en était pas rendu compte, n'y avait jamais réfléchi. 

"Oui, tu l'as fait. Et c'est un exploit qui sera chanté d'ici à Morrowind ; je composerai la ballade moi-même -- dès que j'aurai fait une sieste. Je ne dors pas aussi bruyamment que certains sur les dos des dragons." 

"Vous m'avez enchanté, et endormi avec Shag !" 

"Et le reste du château, avec l'aide de mes amis." 

"Ooooohhhh. Pouvez-vous léviter ? Vous me montrerez ?" 

"Pas si vite. J'ai maintenu un sort toute la nuit pour nous garder sur le dos du dragon. Tant que je ne me serai pas reposé, je ne pourrais même pas allumer une bougie avec une allumette." 

"Oh. Enfin, je suis toujours plus enclin à devenir comme l'Archimage qu'à être un guerrier." 

"Hah ! Ce sera une nouvelle pour l'Archimage, qu'il ne peut pas se battre ! J'espère qu'il trouvera le temps de te montrer comment manier un bâton. Il n'y a pas de meilleure arme pour un premier entraînement. Et pas meilleur entraîneur. À présent, des quatre que tu as vus devant toi, lequel dirais-tu meilleur que les autres ?" 

Edward réfléchit attentivement pendant plusieurs minutes. "Messire, mon jugement est sans doute mauvais, mais si vous souhaitez encore avoir ma réponse, il semblerait que celui qui prétend au titre de Champion de Tamriel doit être le meilleur. Pourtant l'Archimage ne doit-il pas être votre maître en magie ? Et rompu aux armes également, semble-t-il. Alors lequel devrait triompher ? Un mortel pourrait-il tenir face au feu du dragon, à ses griffes et à ses dents ? Et je ne sais rien de la licorne, à part qu'elle est agile et possède une corne vraiment acérée, de même de ses sabots. Donc je dirais la licorne ; elle semblait avoir l'attitude la plus douce. Et comme vous avez posé la question, il semble que la réponse la moins probable puisse être correcte." 

"Bien répondu, jeune homme ! La licorne gagnerait facilement n'importe quel combat rapproché en un contre un. Aucun mortel, ni même dragon, ne peut bouger assez vite pour lui porter un coup, et elle ne peut pas être brûlée ni touchée par n'importe quelle magie ou pouvoir élémentaire. Ses sabots sont mortels et un seul contact de sa corne tuerait n'importe quel ennemi, bien que la corne elle-même se consumerait. Les plus puissantes peuvent la régénérer en quelques instants, cependant." 

"Et des quatre, le Champion de Tamriel serait probablement le perdant face aux autres, bien que le titre ne soit pas immérité !" Moraelyn n'était pas habitué à être ainsi surclassé. "Mes manières pourraient en avoir souffert en conséquence." 

"Mon seigneur Roi, je vous suis profondément redevable. Vous m'avez fait grand honneur et service. Si jamais je peux vous rendre la pareille, je le ferai. Pardonnez mes paroles agressives et mes mauvaises manières. J'ai demeuré parmi les brutaux et les grossiers . Et il semble que je n'aie pas de père, à moins que je puisse vous appeler ainsi ?" L'elfe tendit ses mains vers le garçon, qui y plaça les siennes. Le sentiment de dégoût d'Edward avait presque disparu comme si par magie cette pensée avait été emportée de son esprit, et alors il libéra ses mains et étreignit Moraelyn à la taille. Les mains de l'elfe ébouriffèrent les cheveux noirs et étreignirent les fines épaules. 

"Merci, ma femme. Après seulement cinq ans de mariage, tu m'as fait cadeau d'un fils merveilleux, âgé de neuf ans. Remarquable. En fait ... magique."

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Bethsoftblack
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